[Kaki par Sakai Hôitsu] Table des matières

La réforme des caractères japonais et chinois

Avant 1945, la Chine et le Japon partageaient sensiblement les mêmes caractères. Cependant, de nombreux problèmes, communs ou propres aux deux langues, conduisirent à une réforme de l'écriture dans les deux pays. Si les bouleversements politiques qui suivirent la Deuxième guerre mondiale favorisèrent l'acceptation sociale de cette réforme dans les deux pays, ils se traduisirent par un divergence entre les solutions adoptées.

Points communs et divergences des réformes

Au cours des siècles, de nombreuses variantes des caractères s'étaient accumulées et l'usage pouvait varier selon le contexte. Certains caractères étaient particulièrement surchargés et plus adaptés à l'usage de la calligraphie par une élite qu'à celui du document imprimé pour les masses, par exemple.

L'utilisation des caractères est plus ardue en japonais du fait de leur multiple prononciation. Néanmoins, le japonais, contrairement au chinois, a toujours la possibilité de recourir à un alphabet phonétique. Cela explique le fait que le japonais ait éliminé un plus grande quantité de caractères de l'usage minimal courant (environ 2000 dans le Jōyō japonais contre 3500 dans la liste des caractères modernes usuels chinois). Du même coup, le chinois a poussé plus loin la simplification des clés de base. Les nouveaux caractères sont entrés en vigueur en 1947 au Japon, et entre 1956 et 1964 en Chine.

Il faut bien souligner que la simplification des caractères ne s'est pas effectuée de façon gratuite et iconoclaste. Dans bien des cas, les graphies adoptées étaient déjà en usage officieux, souvent depuis des siècles. Parfois, les nouveaux caractères faisaient appel à un procédé de dérivation phonétique très ancien. Certains caractères chinois ont cependant fait l'objet d'une extrême simplification, il faut le reconnaître.

Résultat comparatif

On se retrouve donc actuellement en présence de trois systèmes: celui des caractères chinois traditionnels (encore en usage à Taiwan), celui des caractères chinois simplifiés (en Chine continentale et à Singapour) et celui des kanji (au Japon). Étant donné que la simplification n'a touché qu'une partie des caractères, ces trois ensembles se recoupent en bonne partie. Théoriquement, on devrait se retrouver face à cinq situations typiques, illustrées dans le tableau ci-dessous (nous ne tenons pas compte de la simplification des clés de base, qui restent relativement faciles à maîtriser).

CombinaisonJaponaisChinoisCommentaire
TT: Traditionnel-TraditionnelTrès courant
TS: Traditionnel-SimplifiéCourant
ST: Simplifié-TraditionnelTrès rare
SS: Simplifié-SimplifiéNon négligeable
S1S2: Simplification différenteAssez rare

Dans la colonne 1 du tableau ci-dessous, on rencontre des caractères usuels qui ont été simplifiés, parfois de façon radicale, en chinois seulement. Dans la colonne 2, on constate que la simplification a consisté, en chinois, à supprimer la clé. La colonne 3 donne quelques exemples de simplification des clés en chinois. Les caractères de la colonne 4 sont des éléments qui servent à former de nombreux autres caractères, c'est pourquoi il est bon de les connaître. La colonne 5 montre quelques simplifications communes au japonais et au chinois, et fort courantes. Dans la colonne 6, on constate que les simplifications n'ont pas toujours abouti au même résultat.

1 2 3 4 5 6
TS TS TS TS SS S1S2
广

Auteur: Renaud Bouret